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Publié le 17.06.2016
En plein cœur du centre-ville, l’ancienne MJC de Saint-Germain-en-Laye est devenue, il y a 31 ans, La Clef. Un lieu pluridisciplinaire qui compte 2500 adhérents, et pour qui amateurs et professionnels sont avant tout des musiciens. Entretien avec Denis Le Boubennec, responsable du projet artistique et culturel du lieu.

Quelle est la vocation de La Clef ?

C’est un lieu de diffusion, de création ainsi qu’une école de musique, qui a été un des premiers labellisés Smac (Scène de musiques actuelles) par le ministère de la Culture. Cette « certification » a été créée autour de plusieurs endroits, dont La Clef. Nous sommes beaucoup axés sur l’aspect culturel et artistique, avec une salle d’exposition où chaque mois, un artiste différent montre son travail. Mais notre colonne vertébrale reste la musique. La Clef dispose de deux salles de concerts de 550 et 220 places, trois studios de répétition et d’enregistrement et une école de musique, où 600 élèves améliorent leur pratique –guitare, basse, batterie, piano, clavier mais aussi chant.

Comment accompagnez-vous ces pratiques amateurs ou semi-professionnelles ?

D’abord, on ne distingue pas les amateurs des professionnels. Pour nous, cette frontière n’existe pas. Un musicien dit « amateur », c’est-à-dire qui ne vit pas de sa musique, peut avoir un très, très bon niveau, là où un « pro » sera peut-être moins avancé. Nous traitons tous les artistes de la même manière, en s’adaptant à leurs projets. Nos élèves, par exemple, jouent sur scène dès qu’ils commencent à appréhender leur instrument. Au bout de 2-3 mois, même s’ils ne savent jouer que quelques accords, ils se retrouvent dans un contexte « professionnel » pour des petites prestations. Grâce à nos salles de concerts, nous pouvons offrir aux musiciens leur première scène ! Sur une soirée, nous programmons souvent trois groupes : le premier d’envergure locale, le second d’envergure régionale et enfin, une tête d’affiche de renommée nationale ou internationale.

En ce qui concerne les groupes qui répètent dans nos studios –une centaine par an environ– nous leur proposons un accompagnement à la carte. Ils sont amenés à discuter avec les techniciens, la programmatrice ou encore le chargé de communication, afin d’appréhender tous les aspects du secteur musical d’aujourd’hui. On s’adapte à leur projet en mettant nos ressources à leur disposition. Par exemple, si un groupe qui répète chez nous s’apprête à donner son premier concert, on va faire en sorte qu’il effectue un premier travail au niveau du son dans une de nos salles. 

Et comme nous sommes également moteur de réseaux de musiques actuelles, tel que le CRY (Centre de ressources yvelinois pour la musique), le RIF (Confédération des réseaux départementaux de lieux de musiques actuelles/amplifiées en Ile-de-France) ou encore la Fédération nationale des écoles d'influence jazz et des musiques actuelles, nous avons accès à des dispositifs pour itinérance, c’est-à-dire que les groupes peuvent tourner en Île-de-France tout en bénéficiant d’un soutien financier. Le CRY, par exemple, permet de travailler pendant un an et demi dans les salles des Yvelines, donc de rencontrer des gens pour faire avancer son projet. 

Le fait que, dans un même lieu, il y ait des adhérents qui apprennent, des artistes émergents qui répètent pour une première scène et des artistes déjà connus qui viennent jouer, permet à tous ces artistes de créer des passerelles et d’auto-alimenter leur pratique.